Les négociations entre le Canada et les États-Unis en prévision d’une entente sont toujours aussi difficiles, surtout en raison du tempérament et de l’imprévisibilité de l’administration Trump, selon une spécialiste en droit commercial international.
L’avocate québécoise Geneviève Dufour estime carrément que le gouvernement Carney ne devrait pas se presser à conclure les négociations avec son homologue américain.
« La raison était simple, c’est qu’on avait le meilleur accord du monde pour l’instant. On était assez protégés dans nos relations avec les États-Unis malgré tout », a expliqué la professeure titulaire à l’UOttawa sur les ondes de LCN, samedi.
Après les menaces de tarifs de 50 % sur 5 % des exportations canadiennes, qui devraient entrer en vigueur le 19 août prochain, Ottawa a intensifié les négociations avec son voisin du Sud.
Est-ce un bon signe d’espoir pour le Canada ? Pas vraiment, selon la spécialiste en droit commercial international.
« Il n’y a aucune négociation qui peut être bonne avec le gouvernement de l’administration Trump en ce moment », a déclaré Me Dufour.
« M. Trump, c’est un négociateur qui ne souhaite pas négocier pour que tout le monde sorte de la négociation, heureux. Ce qu’il veut, c’est faire gagner les Américains à tout prix. Donc nécessairement, ça va faire perdre le Canada », a-t-elle ajouté.
L’importance de ne pas tout céder
Si Ottawa a fait plusieurs concessions dans la dernière année, dont le retrait de la « taxe Netflix », son objectif reste uniquement de faire cesser les menaces tarifaires.
« C’est de faire cesser la situation qui est inacceptable depuis un an et demi. C’est de faire en sorte qu’enfin M. Trump arrête de nous menacer, arrête de nous imposer des tarifs qui sont dévastateurs sur notre industrie », a lancé la spécialiste.Publicité
Elle réitère que Mark Carney doit faire preuve de retenue avant de céder d’autres demandes des États-Unis, notamment en raison de l’imprévisibilité de l’administration Trump.
« Est-ce que c’est parce qu’on fait un deal avec M. Trump qu’il va nécessairement respecter ce deal-là ? C’est la raison pour laquelle je pense que le Canada ne doit pas tout céder », a-t-elle précisé.
« C’est vraiment très, très difficile la situation actuelle en ce moment », a déploré Me Dufour.
Rappelons que le gouvernement Carney aurait évoqué la possibilité d’un retour de l’alcool américain sur les tablettes, dans le cadre d’une potentielle concession, selon les informations de CBC News, vendredi. C’est toutefois une décision qui relève des provinces, et la première ministre Christine Fréchette a déjà déclaré au Journal qu’elle refuse de remettre ces boissons à la SAQ.
Le New York Times a toutefois rapporté, samedi, qu’Ottawa ne compte pas demander aux provinces de le faire.













